Mise en application

Comment des centres du Canada atlantique ont utilisé le Code de pratique de l’assurance de la qualité pour les programmes canadiens de radiothérapie (AQP) du PCQR pour accélérer l’amélioration de la qualité.

En 2015, le PCQR a entrepris un vaste examen des programmes de radio-oncologie (PRO) pour en déterminer l’utilisation et l’incidence dans tout le pays. Dans le Canada atlantique, de nombreux programmes de radiothérapie ont vu dans cet examen une occasion d’élaborer des pratiques exemplaires informelles pour veiller au respect des indicateurs clés de la qualité (ICQ) de l’AQP. Après une communication indépendante de la vérification du PCQR, quatre programmes de radio-oncologie affiliés à l’Université Dalhousie et répartis dans trois provinces ont tenu une vidéoconférence dans le cadre d’une communauté de pratique (CP) d’un comité d’assurance qualité de la radiothérapie (CAQRT). Ils voulaient revoir la réponse de chaque centre et discuter des réussites et des enjeux concernant le respect à l’échelle régionale de chacun des indicateurs. Ces quatre centres ont décidé d’effecteur une seconde vérification après la rencontre pour savoir si la discussion avait changé leur perception du taux de conformité.

Le PCQR a rencontré la docteure Amanda Caissie, une radio-oncologue de l’Hôpital régional de Saint John pour savoir comment ce processus a aidé son centre.

 

Question : Avant d’effectuer la première vérification, jusqu’à quel point, à votre avis, votre centre réussissait-il à respecter les ICQ?

Réponse : L’Hôpital régional de Saint John est petit et se trouve dans une province aux ressources limitées. Pour ces raisons, je m’attendais à des difficultés à respecter certains ICQ.  Notre vérification initiale locale du CAQRT, en fait, a obtenu un taux de conformité de 85 %, ce qui est près de la moyenne nationale.

 

Question : Comment s’est déroulée la discussion quand vous vous êtes tous rencontrés en personne?

Réponse : Nous avons commencé par nous communiquer les résultats de la vérification initiale.  Certains de nos centres pensaient que leur conformité était très bonne, d’autres s’étaient jugés dans une position critique et avaient de moins bons résultats.  Quand nous avons commencé à regarder les ICQ l’un après l’autre, nous avons remarqué qu’il fallait ajuster nos résultats.  Par exemple, au sujet de l’ICQ qui exige des politiques et des procédures écrites en matière d’incidents de radiothérapie, la plupart d’entre nous avons d’abord cru que ce critère était respecté.  Puis nous avons discuté. À quand remontaient les dernières mises à jour et révisions de ces politiques et procédures? Les utilisions-nous activement? Étions-nous au courant de leur existence?  Nous avons constaté qu’il y a une différence entre faire quelque chose et bien le faire. Les trois quarts d’entre nous ont fait passer leur réponse de « oui » à « non » à la suite de cette discussion.

 

Question : À votre avis, comment la discussion en personne a-t-elle été utile?

Réponse : Ce n’est pas une mauvaise chose de répondre « non », que nous ne respectons pas adéquatement cet ICQ. Pour moi, cela signifie que nous nous efforçons sans cesse de nous améliorer. Peu après le début des discussions de groupe, nous avons réalisé que notre centre s’était montré plutôt trop optimiste au sujet du taux de conformité aux ICQ. Est-ce « oui » à 90 % ou à 10 %? Dans ce dernier cas, peut-être faudrait-il que ce soit « non » et, de fait, nous avons commencé à évaluer nos résultats indiquant « non » de façon plus descriptive, sur une échelle de 0 à 10, afin de pouvoir observer nos améliorations continues concernant certains ICQ problématiques. Lors d’une autovérification, on court le risque de se montrer trop optimiste : on ne peut allouer de ressources pour combler les lacunes, le cas échéant, si tous les objectifs semblent, à tort, atteints.

La discussion de groupe a aussi mis en lumière le fait que nous n’avons pas à travailler en vase clos, à réinventer la roue ou à dédoubler des ressources limitées. Nous avons la chance que notre région soit petite et tissée serrée et que nos quatre centres s’entraident en se partageant des conseils pour réussir ou des ressources, comme des politiques.

 

Question : Et maintenant, que comptez-vous faire?

Réponse : À la suite du processus de vérification, notre communauté de pratique du CAQRT prévoit se rencontrer régulièrement afin de déterminer comment aider, pendant que chacun des centres met en œuvre des processus visant à améliorer le respect du code de pratique de l’AQP et se prépare à la vérification d’Agrément Canada qui aura lieu cette année.

Selon moi, la discussion de groupe a été aussi importante que l’autovérification de chaque centre. Elle a lancé un vaste dialogue au sujet des ICQ et d’autres initiatives du PCQR en matière de qualité. En fin de compte, tous les centres souhaitent dépasser les attentes de base d’Agrément Canada et se donner des normes plus strictes. On a estimé que les initiatives d’amélioration de la qualité devraient être continues, qu’on ne devrait pas s’y intéresser iniquement durant la préparation à Agrément Canada. Je suis en train de préparer un manuscrit qui détaille notre processus afin que d’autres puissent profiter de notre expérience positive.

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